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Sur les forums survivalistes on en parle souvent, on se masturbe le cerveau pour savoir quoi mettre dedans, quelle marque acheter, avec quel poids le charger? Je lève le suspense sur ce sac en espérant vous aider à constituer le vôtre le plus rapidement possible!

Le sac d’évacuation ça sert à quoi exactement?

Le sac d’évacuation est un outil du plan d’évacuation. Un outil parmi d’autres qui doit vous permettre de quitter votre domicile en cas d’urgence, sans vous retrouver dans la m… On peut préparer un sac d’évacuation incendie qui est la catastrophe la plus répandue en France avec un incendie toute les 2 minutes! On peut préparer un sac si on craint une guerre civile, une pandémie…Hier par exemple, la Calédonie a été touchée par un séisme de 7.7 sur l’échelle de Richter, déclenchant les sirènes de l’alerte tsunami. Voici le message diffusé hier sur la page facebook de la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie:

alerte tsunami

Pour ceux qui ne l’ont pas remarqué, il n’est pas fait mention des fameuses “consignes de sécurité” ni de comment connaître les “zones de refuges”! Heureusement que je savais où aller …mais je pense que ne pas donner ces indications a dû perturber pas mal de monde!

Comment réagir face à une situation inhabituelle?

Je vous ai déjà raconté ma première alerte tsunami dans l’articlele tsunami qui a changé ma vie” . Je sais ce que c’est d’être prise au dépourvu,  de n’avoir aucune maîtrise sur les évènements, de se sentir démuni voir même abandonné! Je rajoute une anecdote par rapport à cette histoire: l’autre moniteur du camp passait son temps à me courtiser pour qu’on sorte ensemble. Il n’a pas hésité à se sauver dans le mini-bus! Tout ça pour dire que c’est dans ce genre de situation que les caractères se révèlent! Enfin bref, retour à l’alerte Tsunami d’hier…

A partir du moment où l’on entend les sirènes, il faut donc rejoindre les abris au plus vite. En cas de catastrophe, tous les experts vous le diront: le facteur TEMPS est ESSENTIEL! Pour notre part, nous sommes partis “équipés” de la maison en 10 minutes et avons rejoint un abri en 8 minutes. Arrivé à notre point-refuge dans la montagne, nous avons été rejoint par des dizaines de personnes qui sont arrivées jusqu’à 30 minutes plus tard! Si une vague s’était réellement formée et avait percuté l’île…de nombreuses personnes se la serait prise en pleine tête! Et je ne parle pas des gens qui, paniqués, sont restés chez eux!

Certains sont arrivés au point refuge parfois encore en maillot de bain, les enfants peu habillés sortis de la sieste en urgence, pleurant car ils n’avaient pas leur doudou ou parce qu’ils avaient faim. Certains ont pris le temps de prendre leur compagnon à 4 pattes, d’autres ont pensé à protéger leurs biens de valeurs…au mépris de leur propre vie. Certains n’ont pas quitté leur maison par peur qu’il se passe quelque chose de grave ou par peur qu’il ne se passe rien!

Pourquoi j’ai pu rapidement mettre ma famille en sécurité et pas eux?

Pourquoi j’ai été bien plus rapide qu’eux? C’est facile. J’étais préparée!

Quand on a connu une fois dans sa vie une situation sur laquelle on avait aucun contrôle on ne l’oublie jamais! D’abord on revoit la scène en boucle en se faisant des tas de reproches et en imaginant ce qu’on aurait dû dire ou faire. Et puis on en tire des leçons! On fait en sorte que cela ne se reproduise jamais!

Si  j’ai été si rapide à mettre ma famille à l’abri c’est parce que j’avais déjà un plan d’évacuation, une stratégie bien rodée et bien sûr le fameux sac!

Il n’y a pas UN sac d’évacuation mais des sacs d’évacuation

C’est une erreur qu’on rencontre fréquemment, de jeunes abonnés aux forums qui demandent quoi mettre dans leur sac d’évac. La réponse à leur donner est simple: “de quelle évac parles-tu?”, “à quoi souhaites-tu te préparer?”.

Un sac d’évacuation ne va pas contenir la même chose si l’on quitte son domicile pour un temps court ou un temps long.  Si on le quitte définitivement ou si l’on pense y revenir. Si c’est un sac d’évacuation pour le tsunami ou pour la pandémie il sera diamétralement différent! Le sac d’évacuation dépend de la situation à laquelle on se prépare et dans l’idéal, un survivaliste ne possède pas “un” sac d’évac mais plusieurs ou plusieurs variantes d’une même base de sac.

D’ailleurs j’ajoute qu’il est plus facile de confectionner plusieurs sacs d’évac par situation que de faire “le sac d’évacuation parfait”. Il n’y a pas de sac adapté à toutes les situations donc si vous n’avez qu’un sac, vous risquez de vous charger d’objets inutiles dans “votre” situation.

Je résume, pour constituer le sac il faut donc tenir compte:

  • Du type de menace.
  • Du temps passé hors de mon domicile si la possibilité d’un retour est envisagé.
  • Du temps de déplacement hors zone de confort- temps pour atteindre un point refuge.
  • Des risques encourus sur le chemin.
  • Du nombre de personnes concernées en prenant en compte leurs besoins spécifiques (enfants, personnes malades sous traitement…)
  • De la mobilité des personnes concernées.
  • Du moyen de locomotion utilisé pour transporter le sac (facile de déplacer 30 kilos en voiture, à pieds c’est moins certain…)

Exemple de mon sac d’évacuation Tsunami

Tsunami: Vagues pouvant atteindre plusieurs mètres de haut.

Risques immédiat: Balayer l’habitation, les enclos des animaux, le verger. Pertes de mes biens de valeurs. Affaires perdues et trempées. Maison inondée.

Prévention: Sirène marquant le début d’une alerte. Rejoindre un point-refuge en altitude et y rester jusqu’à la levée de l’alerte.

Moyen de locomotion: Voiture refuge altitude à 8 minutes. A pied si la voiture n’est pas dispo- s’éloigner de + de 300m des plages et grimper en hauteur. A 15 minutes en tenant compte du rythme des enfants.

Après la fin de l’alerte: Je rentre chez moi ou me dirige vers un centre de secours (selon si une vague a percuté mon lieu de vie-ou pas).

Dans mon sac d’évacuation Tsunami il y a toujours:

  1. Les documents important à ne pas perdre: papiers d’identité, passeport, carnet de vaccination des enfants (au risque de devoir refaire tous les vaccins!!), acte notarié pour les propriétaires. Les autres documents important qui ne nécessitent pas de présenter des originaux- tels que les assurances (important en cas de dégâts) sont scannés et envoyés par emails sur 2 boites emails différentes.
  2. Moyen de paiement électronique et physique.En cas de catastrophes naturelles, des coupures d’électricité peuvent vous empêcher de retirer des espèces. Vous devez toujours avoir de l’argent liquide en secours!
  3. Lampes chargées car une alerte tsunami de jour c’est facile, de nuit un peu moins. Si vous êtes en famille je conseille une lampe légère par personne (type frontale qui n’encombre pas les mains) pour faciliter le départ et limiter le stress au point-refuge.
  4. Des sur-vêtements. Dans l’urgence on est pas toujours complètement habillé, surtout les enfants. Prévoir une veste pour se couvrir et une paire de chaussette épaisse large si vous avez oublié les chaussures des enfants. Une petite polaire (celles qu’on trouve dans les avions) peut avoir plusieurs fonctions pour se réchauffer le corps. Un Kway assez large pour couvrir les sacs d’évac. Si c’est l’été, vous attendrez sûrement en extérieur au point-refuge, pensez donc à prendre des chapeaux.
  5. De la nourriture sèche ou en conserve qu’on peut laisser dans le sac à l’année et manger froid: biscuits préférés des enfants, sardine en boite… de quoi tenir durant l’alerte mais aussi après si une vague a percuté votre maison. Pensez aux couverts et verres.
  6. De l’eau et du papier WC. Bien que les refuges soient souvent organisés pour vous fournir de l’eau et du papier WC je ne pars jamais sans 2L d’eau et 1 rouleau de PQ.
  7. Médicaments de survie type inhalateur si l’un des participants est asthmatique. Dolipranes. De quoi désinfecter et panser une plaie.
  8. Moyens de communication. Inutile de se percher sur la montagne en attendant le déluge! Une radio pour être tenu informé c’est le minimun je vous conseille les modèles à dynamo (pas de piles). Généralement on se déplace tous avec un téléphone pensez donc au chargeur dynamo. Puisque je suis équipée pour différents scénario j’ai investi dans la meilleure marque de talkies mais pour une alerte tsunami ce n’est pas indispensable.
  9. De quoi s’occuper durant l’attente et passer un bon moment: livres (de poche!), jeux léger pour les enfants type cartes ou dés. Vous serez peut-être confrontés à plusieurs évacuations dans votre vie, l’objectif est de les transformer en “bons” moments surtout pour les enfants pour ne pas créer des angoisses.
  10. Une photo de famille (en plusieurs exemplaires) si vous êtes séparés et qu’il faut vous retrouver.

Voici donc mon sac d’évac tsunami, il est prêt à l’année. A la dernière minute, j’ai ajouté une baguette de pain, une tablette de chocolat et une grappe de litchis qui était sur la tableWinking smile…parce que nous partions en voiture! Si vous êtes à pieds ne vous surchargez pas! Rappelez-vous que comme en vacance on en prévoit toujours trop!

BIEN SUR les quantités dépendent du nombre de participants mais cela ne signifie pas que vous devez porter de quoi nourrir 10 personnes. Si les accompagnants ont plus de 8 ans, ils peuvent confectionner leur propre sac d’évac tsunami comprenant leurs sur-vêtements, jeux, livres, lampes, petite bouteille etc.

Attention, n’allez pas croire qu’avec ce sac vous êtes prêts à TOUT! Le sac ne suffit pas il vous faut avoir un PLAN d’EVACUATION!

Avoir un plan d’évacuation

Avoir un plan d’évacuation. Le plan d’évacuation ne s’improvise pas à la dernière minute. Il faut écrire tous les scénarios possibles et se projeter dans la situation. Placez cet écrit mentionnant les scénarios et le contenu du sac dans le sac. Il faut savoir:
  1. Quand partir? Vous avez senti la maison bouger. Les réseaux sociaux car vous êtes abonnés à la page FB gendarmerie de votre localité ou à la direction de la sécurité civile. Vous avez une app séisme.

  2. Comment partir? En voiture si les routes ne sont pas encombrées? A pieds? A vélo? Le moyen de locomotion est primordial quand on fait son sac d’évac mais il faut rester prêt à toute éventualité. Par exemple, dans la panique, un accident pourrait avoir lieu et bloquer la route!

  3. aller? Ce we vous vous baladerez à la recherche de point en altitude rapidement atteignable par la route ou à piedsWinking smile. Renseignez-vous également auprès de  la commune si des points-refuge sont indiqués. Si vous avez le choix, je vous conseille de vous rendre dans un refuge fréquenté (en cas de tsunami seulement!), le temps passera plus vite que si vous êtes perché seul en haut de la montagne.

La réussite d’un plan d’évacuation tient à 3 facteurs clefs

  1. L’anticipation de tous les scénarios possibles. Bien sûr vous avez un scénario préféré mais restez ouverts à tous les possibles! Ce jour là vous recevrez peut-être des invités, votre voiture est en panne, la route est bloquée, vous avez été averti trop tard …
  2. La préparation d’un sac d’évacuation complet toujours accessible rapidement.
  3. L’entrainement  des participants. Comment être sûr d’un plan que vous n’avez jamais mis en action? Ce plan si vous l’avez rédigé vous-même, ne repose pas sur vos seules épaules mais sur le concours de tous les participants (je parle de la famille). Chacun a un rôle  jouer si vous voulez partir le plus rapidement possible. L’entrainement est la seule manière de vérifier votre plan d’évacuation, de l’améliorer et de gagner en réactivité et rapidité. La préparation et mise en place du plan d’évacuation avec des enfants en bas-âge mériterait  un article à lui seul.

8 erreurs à ne pas commettre  quand on débute…

  1. Appeler toute votre famille avant de quitter les lieux pour les prévenir. NON! Partez et appelez en chemin quand vous êtes sécurisé ou en cours de sécurisation.
  2. Ne pas oser partir par peur du ridicule. Soyez déterminé dans vos décisions. N’hésitez pas et ne vous laissez pas influencer par les personnes présentes! Vous êtes en charge de votre famille! L’entrainement va vous donner de l’expérience et facilitera le départ. Sachez aussi que si les gens rechignent à partir, personne ne veux rester seul derrière donc foncez, les autres suivront. N’oubliez pas que le ridicule ne tue pas…on ne peut pas dire autant d’une vague de 3mètres en pleine tête! Au pire cet entrainement aura été une bonne occasion de vérifier que chacun était prêt et le sac complet.
  3. Retardez le départ en attendant un “signe”…Vous avez senti le sol bouger? Entendu les sirènes? Reçu une alerte sur votre smartphone? Prenez votre famille, votre sac et bougez immédiatement avant que les routes ne soient encombrées par les retardataires.
  4. Changez le plan à la dernière minute. Faites-vous confiance, vous êtes prêts, partez serein! Ne roulez pas en trombe. Ne risquez pas un accident de la route: soyez attentif aux gens stressés sur la route.
  5. Laissez la maison ouverte derrière vous! Les alertes sont des occasions propices de cambriolage. Si votre entrainement est bien rôdé et que chacun à sa fonction dans le plan d’évacuation, fermer la maison et déclencher l’alarme ne vous prendra pas plus de temps.
  6. Alarmer les enfants! Hier quand les alarmes ont retenti j’ai dit à mon fils de 3 ans et demi qu’on partait en pique-nique à la montagne! Qu’il fallait faire la course pour monter en voiture. Depuis qu’on est rentré il ne demande qu’à repartir tellement il s’est amusé! Les évacs sont de “bons” moments à partager en famille, il faut les transformer en jeux, en aventure!
  7. Rentrer trop tôt! Hier j’ai vu des dizaines de voitures quitter le point-refuge car d’autres voiture le faisaient. Sans confirmation officielle que tout risque est écarté il n’est pas recommandé de bouger. La rumeur est dangereuse surtout si vous rentrez chez vous et devez repartir d’urgence! Après la levée de l’alerte, laissez les autres partir en premier pour dégager la route et partez tranquillement.
  8. Attendre que votre conjoint pense comme vous pour confectionner votre sac d’évac. Si vous êtes conscient du danger il est de votre devoir de protéger votre famille même si cette dernière pense différemment. Pas la peine d’attendre que les autres pensent comme vous! Certaines personnes ne comprennent que devant le danger: quand il est TROP TARD! Confectionnez votre plan et votre sac sans leur en parler. Soyez directif le moment venu.
  9. Ne vous perdez pas en considération matérielle!! Bien sûr les puristes vous diront qu’il faut acheter tel sac, tel couteau, telles chaussures, telle radio…mais si ça vous empêche de vous lancer ça ne sert à RIEN! Il y a en effet des outils incontournables dans le survivalisme MAIS pour un sac d’évac tsunami, ce que vous avez dans la maison vous suffira amplementWinking smile.

J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair. N’hésitez pas à partager, commenter et liker sur le blog, c’est le meilleur remerciement que vous puissiez m’offrir. Ne gardez pas cet article pour vous seul! Plus les personnes se préparent et plus vous serez, vous-même, en sécurité!


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3 pensées sur “Pourquoi et comment préparer facilement un sac d’évacuation.”

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